Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/879

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LIVRE VIII, CH. XII, g 7. 357

né des mêmes parents, on a les mêmes mœurs, qu'on a été nourri et instruit de la même manière, et que l'épreuve qu'on fait si longtemps l'un de l'autre est venue rendre les liens aussi nombreux que solides. § 7. Les sentiments d'affection sont proportionnés dans les autres degrés de parenté. L'affection entre mari et femme est évidemment un effet direct de la nature. L'homme est, par sa nature, plus porté encore à s'unir deux à deux qu'à s'unir à ses semblables par l'association politique. La famille est anté- rieure à l'État, et elle est encore plus nécessaire que lui, parce que la procréation est un fait plus commun que l'association chez les animaux. Dans tous les autres ani- maux, le rapprochement des sexes n'a que cet objet et cette étendue. Au contraire, l'espèce humaine cohabite non pas seulement pour procréer des enfants, mais aussi pour entretenir tous les autres rapports de la vie. Bientôt les fonctions se partagent ; celle de l'homme et de la femme sont très-différentes. Mais les époux se complètent mutuel- lement, en mettant en commun leurs quahtés propres. C'est là ce qui fait précisément qu'on trouve tout à la fois l'agréable et l'utile dans cette affection. Cette amitié peut même être celle de la vertu, si les époux sont honnêtes l'un et l'autre ; car chacun d'eux a sa vertu spéciale, et c'est par là qu'ils peuvent mutuellement se plaire. Les

��§ 7. La famille est encore plus un grand naturaliste qui parle. —

nécessaire que l'Etat. Principes ad- Tous les autres rapports de la vie.

mirables, que Platon a parfois mécon- Aristote paraît mieux comprendre

nus, et qui, de nos jours, ont été tant les relations de Thonime et la femme,

de fois obscurcis ou niés audacieuse- qu'on ne les comprend vulgairement,

ment. — L'association chez les ani- même encore aujourd'hui, au milieu

maux. Il faut se rappeler que c'est de la civilisation chrétienne. — Peut

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