Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/89

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PRÉFACE. lAxiv

>< euliii, il (lil que, quand il aurait été le premier à « choisir, il n'aurait pas fait un autre choix. » Platon a poussé cetle théorie de la tempérance jusqu'oii elle peut aller; et ce n'est pas pour l'individu seulement qu'il a fait de la modération le gage le plus assuré de la vertu, c'est encore pour PÉlat. Tout puissant qu'il est et quelque nombreux qu'en soient les élé- ments, l'État ne peut vivre que par les mêmes prin- cipes qui font vivre les individus; l'excès le perd tout aussi bien qu'eux; et la démocratie exagérée d'Athènes ne peut pas plus se promettre le bonheur et la durée, que le despotisme sans frein de la mo- narchie des Perses. La tempérance, indispensable aux particuliers, s'ils veulent être heureux, l'est tout autant pour les peuples; et le législateur est bien aveugle, qui pousse à l'extrême le principe sur lequel il prétend organiser l'État, dont la tutelle lui est remise ^.

Je ne m'arrête point aux théories de Platon sur l'éducation ; on sait assez tout ce qu'elles ont de vrai et de pratique, sans parler de leur grandeur et de leur noblesse. Parmi ceux qui, plus tard, ont écrit sur ce sujet, il n'en est pas un qui n'ait amplement

(1) Platon, Urpuhiifiiir, X, paiie 292 ; Lois, 111, 109.

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