Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/91

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PRÉFACE. i.xwi

sépare. L'inlérêt, aidé du vice, encore plus instable que lui, les arme les uns contre les autres; et la société, si elle n'était composée que d'êtres mé- chants, ne pourrait pas subsister un seul jour. Cet axiome antique, que « Le semblable recherche le semblable, » n'est vrai qu'à moitié. L'homme de bien seul est ami de l'homme de bien. Le méchant ne saurait former jamais, ni avec le bon, ni avec le méchant, son semblable, une véritable amitié. Mo- bile et changeant comme il l'est, toujours différent de lui-même et contraire à lui-même, il peut encore bien moins ressembler à un autre et l'aimer. Plus un méchant se rapprochera de son pareil et fera société avec lui '^, plus il devra devenir son ennemi; car il lui fera quelque injustice. El comment serait- il possible que l'offenseur et l'offensé restassent bons amis ?

Au contraire, la vertu appelle naturellement, entre deux cœurs qui l'aiment d'una ardeur égale, la bien- veillance mutuelle, garantie de la paix dans l'Etat» Les citoyens sont unis entr'eux, parce qu'ils re- cherchent en commun le bien, dont ils ont fait le devoir sacré de toute leur vie. Mais un cœur génc-

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