Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/910

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388 MORALE A NICOMAQUE.

��CHAPITRE V.

��De la bienveillance- Elle diffère de l'amitié et de l'inclination. — Elle peut s'adresser à des inconnus, et elle est très-superficielle. — Influence décisive de la vue sur l'amitié et l'amour. — Comment la bienveillance peut devenir de l'amitié. — Motif ordinaire de la bienveillance.

§1. La bienveillance ressemble à l'amitié; mais elle n'est pas précisément l'amitié. Elle peut s'adresser même à des inconnus, sans qu'ils sachent le sentiment qu'on éprouve pour eux. Il n'en est pas ainsi de l'amJtié, comme je l'ai dit antérieurement. La bienveillance n'est pas non plus l'inclination à aimer; car elle n'a ni intensité, ni désir, symptômes qui d'ordinaire accompagnent l'inclination. § 2. Ainsi, l'inclination se forme par l'habitude. Mais la bienveillance peut être même toute fortuite, et par exemple s'attacher à des gens qui luttent ; en les voyant combattre, les spectateurs deviennent bienveillants à leur égard et les aident de leurs vœux, sans d'ailleurs être du tout prêts à prendre fait et cause personnellement dans la querelle. Et alors, je le répète, cette bienveillance

��Ch. V. Gr. Morale, livre II, ch. livre VIII, ch. 2, § 3. — L'inclina-

di; Morale à Eudème, livre VU, <»« à aimer. Nuance encore plus

çj,^ 7_ fine et qui n'est pas moins juste,

§ 1. La bienveillance. La nuance comme la suite le démontre, que distingue ici Aristote est très- § 2. Prendre fait et cause. Et par

délicate; mais elle est très-vraie. — conséquent, à donner aux gens une

Antérieurement. Voir plus haut, pi cuve d'affection.

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