Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/968

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un autre. Les mêmes objets attristent les uns et charment les autres ; ce qui est pénible et odieux pour ceux-ci, est doux et aimable pour ceux-là. La même différence se produit physiquement pour les choses de saveur douce et qui flattent le goût. Ainsi, une même saveur ne fait pas une impression pareille sur l’homme qui a la fièvre et sur l’homme bien portant ; la chaleur n’agit pas de même sur le malade et sur l’homme en pleine santé; et pareillement pour une foule d’autres choses. ^ 10. Dans tous ces cas, la qualité réelle et vraie des choses, est, à ce qu’il me semble, celle que leur trouve l’homme bien organisé ; et si ce principe est exact, comme je le crois, la vertu est la vraie mesure de chaque chose. L’homme de bien, en tant que tel, en est le seul juge ; et les vrais plaisirs sont ceux qu’il prend pour des plaisirs, et les jouissances qu’il se donne sont les jouissances véritables. D’ailleurs, que ce qui lui semble pénible soit agréable pour un autre, il n’y a pas du tout lieu de s’en étonner. Il y a parmi les hommes une foule de corruptions et de vices; les plaisirs que se créent ces êtres dégradés ne sont pas des plaisirs; ils n’en sont que pour eux, et pour les êtres organisés comme ils le sont eux-mêmes. §11. Quant aux plaisirs que tout le monde unanimement trouve honteux, il est clair qu’on ne doit pas les appeler des plaisirs, si ce n’est pour les gens dépravés. Mais parmi les plaisirs qui semblent honnêtes, quel est le plaisir

Cette remarque, qui est très-exacte, § 10. L’homme bien organisé.

dcvail porter Aristote à douter de la C’est comme un axiônip dont Aris-

Aérité parfaite des principes qu’il tote a fait un très-fréquent usage,

vient de poser, en ce qui concerne — La vertu est la vraie mesure.

les animaux. Voir plus haut, livre I, ch. 2, § 10,