Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/97

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


PREFACE. Lxxwii

aflinité et de cette « parenté divine, » persuadé que la Providence veille sans cesse sur lui, comme sur le reste du monde, soutenu par l'assentiment de sa con- science lui rendant ce témoignage qu'il se soumet docilement à l'ordre général, que peut-il craindre dans l'univers entier? Comment son cœur se refuserait-il à croire à cette vérité consolante, qu'il n'y a rien à redouter pour l'homme de bien, ni durant cette vie, ni après la mort? Si quelques revers l'atteignent sur la terre, comment ne conserverait-il pas la ferme confiance que les Dieux lui accorderont ce qu'ils ne manquent jamais d'accorder aux gens de bien, l'adou- cissement des maux qui les affligent, le changement de leur condition présente en une meilleure, tandis qu'au contraire, les biens moraux qu'ils possèdent, loin d'être passagers, leur sont acquis à jamais? C'est en de telles espérances, c'est en de « telles « ressouvenances » qu'il faut passer sa vie, les rap- pelaut distinctement à soi-même et aux autres, eu toute occasion, dans les moments sérieux comme dans ceux d'amusement ^

11 me semble que, quand on a bien compris tout ce qu'a de magnanime et de fortifiant celle absolue

(l) Platon. Lois, liv. IV. piure 2o[i: X. '2o6: V. l>66.

�� �