Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/98

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Lxwvjii PRÉFACE.

confiance en Dieu, on comprend mieux la Iranquillit imperturbable de Socrate en face de la mort, sans d'ailleurs avoir pe«t-ètre la force de la partager. Il s'est appris dès longtemps à mourir; et la philoso- phie, qui enseigne à l'ànie à subsister de sa vie propre' et à s'isoler de « la folie du corps » , n'est au fond, comme il le dit, qu'un apprentissage de la mort. Mais ce n'est pas là ce qui fait son inébranlable sécurité. Il pourrait être préparé à mourir et redouter cepen- dant les conséquences dont la mort sera suivie. Mais pour lui de deux choses l'une : ou la mort est l'anéan- tissement absolu et la destruction de toute conscience, comme bien des gens sont trop portés à le croire ; ou c'est, comme on le dit, un simple changement et le passage de l'âme d'un lieu dans un autre. Si la mort est la privation de tout sentiment, un sommeil sans aucun songe, quel merveilleux avantage n'est-ce pas que de mourir? Car que quelqu'un choisisse une nuit ainsi passée dans un sommeil profond, qu'aucun songe n'aurait troublé, qu'il compare cette nuit avec toutes les nuits et tous les jours qui ont rempli le cours entier de sa vie, et qu'il dise en conscience combien il a eu de jours et de nuits plus heureuses et plus douces que celle-là. La mort étant quelque chose de sembhiblc: elle n'est pas un mal ; car alors

�� �