Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/989

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��vertus, de l'amitié, et du plaisir, devons-nous croire que maintenant nous ayons achevé toute notre entreprise ? On plutôt ne devons-nous pas penser, comme je l'ai déjà dit plus d'une fois, que, dans les choses de pratique, la fin \ éritable ce n'est pas de contempler et de connaître théo- riquement les règles en grand détail, c'est de les appli- quer réellement. § 2. En ce qui regarde la vertu, il ne peut pas suffire non plus de savoir ce qu'elle est ; il faut en outre s'efforcer de la posséder et de la mettre en usage, ou de trouver tel autre moyen pour devenir vertueux et bon. § 3. Si les discours et les écrits étaient capables à eux seuls de nous rendre honnêtes, ils mériteraient bien, comme le disait Théognis, d'être recherchés par tout le monde et payés au plus haut prix ; on n'aurait qu'à se les procurer. ]\Iais, par malheur, tout ce que peuvent les préceptes en ce genre, c'est de déterminer et de pousser quelques jeunes gens généreux à persévérer dans le bien, et de faire d'un cœur bien né et spontanément honnête un

��Arislole a montré quel degré d'exac- titude on pouvait exiger de la science morale et de la science politique. Il n'a pas cru qu'on puisse dans ces deux sciences préciser absolument les choses; et il n'a prétendu modes- tement que donner de simples es- quisses. — Celles dis vertus, de l'amitié et du plaisir. Ceci peut pas- ser pour un résumé assez fidèle de tout le traité qui précède, et pour une justification de la théorie du plaisir qui se trouve au commencement de ce dixième livre. — Je l'ai déjà dit plus d'uDc fois. Voir plus haut,

��livre I, ch. 1, surtout livre II, ch. 2, et dans plusieurs autres passages.

§ 2. De savoir ce qu'elle est. Aris- tote a souvent critiqué la théorie de Platon et de Socrate, qui réduit la vertu à être une science.

§ o. Comme te disait Théognis. Voir les sentences de Théognis, vers 632. Platon cite aussi ce vers dans le Ménon, p. 217 de la traduction de Vx, Cousin. — Quelques jeunes gens généreux. C'est déjà beaucoup, puisque plus tard ces jeunes gens deviendront des citoyens et des chefs de famille.

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