Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/99

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PRÉFACE. i.xxxix

la durée tout enlière ne paraîtrait pins ainsi qu'une seule nuit. Mais si la mort, comme le croit Socrate, est le passage de ce séjour à un autre, et que là soit le rendez-vous de tous ceux qui ont vécu, quel plus grand bien peut- on imaginer ? 11 n'ose aflirmer, malgré son espoir, qu'il s'y réunira bientôt à tous les hommes vertueux, frappés comme lui par l'iniquité. Mais ce qu'il affirme sans hésitation, et avec autant d'assurance qu'il affirmerait son existence présente, c'est qu'il trouvera dans l'autre monde, des Dieux, amis de l'homme, dont ils sont les vrais juges ; c'est qu'il est une destinée réservée aux hommes après leur mort, et que cette destinée, selon la foi antique du genre humain, doit être meilleure pour les bons que pour les méchants i.

Telle est la fol de Socrate; tel est le dogme saint qu'il n'a point, de son propre aveu, révélé au monde, mais qu'il a consacré par sa mort, et comme scellé de son sang.

Ce n'est point ici le lieu de rappeler tous les argu- ments par lesquels Socrate essaie de démontrer l'im- mortalité de l'âme dans cette tragédie du Phédon. Je

��(1) Platon. P/irdon, niig'es 198, 199, 206: Apoloyic de SockHc, pa^-e 118.

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