Page:Aristote - La Politique.djvu/211

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§ 6. Le beau résulte ordinairement de l’accord du nombre et de l’étendue ; et la perfection pour l’État sera nécessairement de réunir à une juste étendue un nombre convenable de citoyens. Mais l’étendue des États est soumise à certaines bornes comme tout autre objet, comme les animaux, les plantes, les instruments. Chaque chose, pour posséder toutes les propriétés qui lui sont’propres, ne doit être ni démesurément grande ni démesurément petite ; car alors, ou elle a perdu complètement sa nature spéciale, ou elle est pervertie. Un vaisseau d’un pouce ne serait pas plus un vaisseau qu’un vaisseau de deux stades. Avec de certaines dimensions, il sera complètement inutile, soit par son exiguïté, soit par sa grandeur.

§ 7. Et de même pour la cité : trop petite, elle ne peut suffire à ses besoins, ce qui est cependant une condition essentielle de la cité ; trop étendue, elle y suffit non plus comme cité, mais comme nation. Il n’y à presque plus là de gouvernement possible. Au milieu de cette immense multitude, quel général se ferait entendre ? Quel Stentor y servira de crieur public ? La cité est donc nécessairement formée au moment même où la masse politiquement associée peut pourvoir à toutes les commodités de son existence. Au delà de cette limite, la cité peut encore exister sur