Page:Artin Pacha - Contes populaires inédits de la vallée du Nil, 1895.djvu/257

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ses nouveaux habits, il se dirigea vers la maison de la jeune fille, en criant dans la rue qu’il vendait des intestins.

Elle l’entendit et l’appela en lui disant : « Donnes-m’en pour cinq paras et mets-m’en beaucoup. » Puis elle lui tendit une assiette. Il y mit des intestins, elle en demanda de plus, il refusa d’en donner, un échange de mots grossiers s’en suivit et lui, levant l’assiette, en asséna un coup à la jeune fille qui tomba par terre et l’assiette se brisa sur le parquet.

Notre homme se sauva ensuite pour ne paraître que le second jour, au moment où la jeune fille montait sur son arbre et lui disait : « O mon arbre, ô mon bon jujubier, quand mon père et mon frère reviendront-ils ? »

Le fils du Sultan l’entendit et lui dit : « Tu n’as pas oublié que je t’ai fait perdre cinq paras, que je t’ai cassé une assiette, que je t’ai fait mal, enfin que je t’ai avilie. »

Elle comprit alors que c’était lui qui avait joué le tour de la veille ; elle résolut alors de se venger.

Le lendemain matin elle prépara le tour qu'elle devait lui jouer.