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PENSÉE FRANÇAISE

faisons profession d’écrire, nous n’avons pas le droit, par exemple, de parler d’instruction publique, si par un scandaleux abus de la lettre imprimée nous défaisons le travail, même imparfait, de l’instituteur. Parmi ceux que les nécessités de l’existence ont attelés à quelque vaste entreprise de publicité commerciale — et la plupart de nos journaux sont-ils autre chose ? — je sais combien sont humiliés du métier qu’on leur fait faire et de l’impuissance où ils sont, je ne dirai pas de se cultiver, mais de conserver le peu qu’ils apprirent à l’école. Ceux-là au moins me comprendront ; ceux-là au moins ne seront pas tentés de me maudire.

Voici d’abord un journal agricole qui se tire à 48 pages de 14 pouces x 10 et à 85,000 numéros, et qui est adressé gratis aux cultivateurs du Québec par les soins du gouvernement. Il se partage à peu près également entre la rédaction et la réclame. Je n’aurai même pas la peine de l’ouvrir, puisque je lis au verso de la couverture, en tête d’une page entière de même acabit :

« CE QU’IL VOUS EN COÛTE EN VOUS PRIVANT D’UN RENFREW.

« Vendre la crème aux prix d’aujourd’hui est comme vendre de l’or d’une mine sur votre ferme. Imaginez-vous donc le propriétaire de riches quartz d’or extrayant l’or avec une machine choisie pour son bon marché !

« Un homme choisit un séparateur à crème pour son bas prix. Bientôt le bol branle, les engrenages se disloquent. Les femmes se plaignent que le bol est haut, que le nettoyage est fatiguant et que la machine est dure à faire marcher…

« Sauvez-vous cette expérience coûteuse en examinant le Renfrew. »


Le peuple de nos campagnes aime à lire ; depuis