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EN GUISE DE PROGRAMME

dixième du journal. — Dès le premier numéro de l’Ordre, nous appliquons cette politique. Lisez attentivement toute la réclame qui paraît dans ce numéro, et jugez par vous-même si à tout prendre il s’en publie de plus légitime par la presse quotidienne. Bon nombre des maisons intéressées ne nous ont pas commandé ces réclames (je veux dire : pas encore) ; mais nous ne doutons pas qu’elles les prennent immédiatement à leur compte à cause de l’honneur mérité qu’elles font rejaillir sur elles et du profit matériel qu’elles en retireront.

Fera une place honorable au correspondant qui, sachant écrire, aura quelque chose à dire et le courage moral de signer. — L’anonymat, arme des lâches, n’aura sa place dans l’Ordre que si la Direction juge à propos de couvrir l’article ou le communiqué de sa responsabilité. Mais, bachelier ou non, universitaire ou non, homme de lettres ou non, l’on devra d’abord écrire en français.

Avec les modestes ressources matérielles à sa disposition, et empêché par la formule même de sa rédaction de compter sur la faveur active de la foule, espère que tout Canadien-Français instruit, pouvant contribuer chaque jour à une véritable réforme de l’esprit public, le prix d’un verre de bière, lui apportera son concours. — Songez-y, le sacrifice quotidien d’un verre de bière (ou, si vous êtes une femme, de la moindre coquetterie) vous permettra de collaborer à une œuvre de culture française et de réveil national. Pas même besoin de « haler tous ensemble », comme disait l’autre pendant qu’il annonçait sur un ton dépité notre « petite » entreprise : il vous suffira de vouloir élargir vos horizons, approfondir votre pensée, vivre, intellectuellement, d’une vie plus haute ; — de réfléchir que c’est peut-être par devoir mal compris, par amour-propre, par présomption, voire par simple divertissement, que nous avons fondé l’Ordre, mais certainement pas par intérêt.

L’Ordre, 10 mars 1934.