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PENSÉE FRANÇAISE

sage et d’autres praticiens et universitaires de même valeur, pourrait trahir dans la direction d’un établissement de cette importance l’intérêt français, est d’une absurdité qui fait hausser les épaules.

De tous ces faits, les internes canadiens-français de Notre-Dame n’ont tenu aucun compte. Dès la première heure ils se sont obstinés à exiger la répudiation du contrat existant entre l’hôpital et l’interne juif, à répudier leur propre contrat, à écarter toute considération du devoir professionnel du médecin envers les malades, à méconnaître toute valeur au serment d’office.

C’est devant cette situation que le docteur Rabinovitch a adressé aux autorités de l’hôpital la lettre de démission que nous citions mardi matin et qui serait, pour ses anciens confrères canadiens-français, une si haute leçon d’honneur professionnel, si l’envie et le fanatisme religieux n’étaient en train d’étouffer ce sentiment dans notre jeunesse médicale. On se le rappelle, cette lettre, écrite en anglais, se lisait ainsi :


Montréal, le 18 juin 1934.


Au bureau d’administration de l’Hôpital Notre-Dame.


Messieurs,

Vu la situation grave, alarmante et dangereuse à laquelle les patients de Notre-Dame et d’autres hôpitaux sont exposés par suite du refus de certains internes d’obéir aux ordres de leurs supérieurs, et les embarras qui en résultent pour les différents conseils ou bureaux de Notre-Dame et des autres hôpitaux, je considère de mon devoir de médecin (le mot est souligné dans l’original) de vous offrir ma démission comme interne de votre maison.

Puis-je profiter de l’occasion pour vous dire combien j’apprécie la très belle attitude que vous avez prise en cette