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PENSÉE FRANÇAISE

français, même si vous le vouliez : pour de multiples raisons, cela vous serait impossible. Mais la lecture de nos principaux journaux de langue anglaise pendant huit jours vous ferait voir à quel point les événements politiques d’Europe se déforment quelquefois en passant par les agences d’information anglaises ou américaines. Ce point de vue vous intéresse. Il n’intéresse pas moins votre gouvernement. Entende qui voudra.

À la presse canadienne également, un contact plus étroit avec la France serait utile.

Pour son information, qu’il lui faut présentement demander aux seules agences anglo-saxonnes, elles-mêmes, avec la meilleure volonté du monde, souvent trompées par des correspondants pas trop bien renseignés ou pas trop indépendants des gouvernements.

Pour sa formation linguistique, grammaticale et littéraire. Sujet délicat, que je n’aborde qu’en tremblant et pour le quitter aussitôt, vous laissant à vous-même le soin de juger en toute modestie, à la langue usuelle de nos journaux et, hélas ! de nos « parleurs inconnus », comme je crois que vous appelez les bonimenteurs de la radio, combien nous aurions besoin d’aller à votre école. Un journaliste français s’est jadis fait houspiller, pour avoir dit qu’il n’avait pu se faire entendre des téléphonistes canadiennes en français. Quand vous aurez lu nos journaux, craignez de dire qu’ils ne sont pas toujours écrits en français d’un bout à l’autre, mais prenez, oh ! prenez la résolution d’éclairer par l’exemple les malheureux qui les rédigent. Au besoin, et dans notre intérêt commun, renoncez pour toujours à adopter des mots anglais comme ont fait de tout temps vos pères, nos pères, car c’est là l’excuse ordinaire de ceux d’entre nous qui pré-