Page:Aucassin et Nicolette, edité par Mario Roques, 1929.djvu/25

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XXI
VERSIFICATION ; MUSIQUE

-ittu, XXI), 1 en (IX), 1 en oi (XXV)[1]. L’assonance étant souvent obtenue par la répétition, fréquente dans la poésie populaire, d’une même terminaison grammaticale (I, XI, XV) ou d’un même suffixe (VII, XXI, XXXV), et la majorité des laisses étant masculines, les assonances sont parfois de véritables rimes.

Le vers isolé à la fin de la laisse (vers orphelin) n’est pas particulier à Aucassin et Nicolette. Plusieurs chansons du cycle de Guillaume le présentent (certaines peut-être dans des rédactions secondaires) et notamment la Chanson de Guillelme. Il se rencontre aussi plus tard dans le Lai de la Rose inséré dans le Roman de Perceforêt[2], et dans cette dernière composition il est toujours terminé en -ie : dans Aucassin et Nicolette il est 9 fois en -ie (6 amie : VII, XI, XIII, XIX, XXIII, XXV ; 3 mie : XVII, XXIX, XXXIII), 6 fois en -i..e (XXXI rire, XXXVII sire, XXXIX desire, XLI dire ; XXI garisse, XXXV quesisce). H. Suchier en a conclu qu’originairement tous ces vers étaient en -ie (ou -i..e), et il a proposé, pour les six laisses qui échappaient à la règle, des corrections que l’on trouvera aux Notes Critiques, mais que nous n’avons pas acceptées : rien ne prouve en effet que l’auteur se soit proposé d’appliquer le système auquel veut le soumettre H. Suchier[3], et l’on ne voit pas pourquoi un copiste aurait fait disparaître cette particularité, surtout dès les trois premières laisses. Le nombre des rimes en i, la répétition de amie, et peut-être le sens et l’imitation de la poésie populaire peuvent expliquer la fréquence de la terminaison, sans que l’auteur d’Aucassin et Nicolette se soit astreint à la même uniformité que le poète plus savant du Lai de la Rose.


VIII. Musique. — [Le manuscrit qui nous a conservé le texte d’Aucassîn et Nicolette contient également la musique des parties destinées à être chantées. Celle-ci consiste en trois phrases mélodiques, dont les deux premières servent pour les vers de sept syl-

  1. Les assonances confondent les voyelles orales et nasales : i (XI, XIX, XXIX, XLI), o fermé (XXVII, XXXIX).
  2. Cf. G. Paris, Romania, XXIII, 117 sq.
  3. Cf. Crescini, Foerster et Piccoli.