Page:Aucassin et Nicolette, edité par Mario Roques, 1929.djvu/26

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XXII
INTRODUCTION

labes, la troisième pour le petit vers qui termine la laisse ; en voici la transcription :



La mélodie est écrite avec les notes carrées de la notation chorale romaine, comme la plupart des chansons des troubadours et des trouvères. Ces notes, écrites sur quatre ou cinq lignes, permettent de fixer exactement chaque son, chaque intervalle, mais ne donnent aucune indication quant au rythme. Cependant un nombre assez considérable de chansons se rencontrent aussi, dans certains manuscrits, notées d’après le système de la musique mesurée. Ce fait a déterminé quelques savants à adopter pour la transcription des monodies médiévales le principe du système appelé modal. Vers la fin du xiie siècle, de nombreux traités nous parlent de modes rythmiques, qu’ils rattachent à des types métriques gréco-latins. Des six modes sur lesquels la musique des « organa », des conduits et d’un grand nombre de motets, était composée, trois se rencontrent également dans les mélodies à une voix ; ils représentent une suite de trochées, d’iambes ou de dactyles[1]. La musique d’Aucassin et Nicolette correspond au premier mode, de caractère trochaïque.

La musique est notée pour les deux premiers vers de chaque laisse et pour le dernier (dans V et XV la seconde phrase musicale manque et dans IX la troisième ; par contre la première phrase

  1. Sur cette question voir notre Musique au moyen âge (CFMA).