Page:Aucoc - L’Institut de France et les anciennes Académies.djvu/37

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Ce début donne une idée suffisante des violentes critiques dirigées par David contre l’organisation de l’Académie de peinture et de sculpture, contre les procédés des professeurs jaloux de leurs élèves. Après avoir rapporté plusieurs anecdotes destinées « à intéresser la sensibilité » de son auditoire, David conclut ainsi : « Au nom de l’humanité, au nom de la justice, pour l’amour de l’art, et surtout par votre amour pour la jeunesse, détruisons, anéantissons ces trop funestes Académies, qui ne peuvent plus subsister sous un régime libre. Académicien, j’ai fait mon devoir, prononcez. »

Après le rapport de Grégoire et le discours de David, la Convention n’hésita pas à supprimer les Académies. Le comité de l’instruction publique avait présenté un projet de décret en sept articles, dont le second maintenait provisoirement l’Académie des sciences, dont le troisième chargeait le comité de présenter un plan d’organisation d’une société destinée à l’avancement des sciences et des arts, dont le quatrième reconnaissait aux citoyens le droit de se réunir en sociétés libres pour contribuer au progrès des connaissances humaines. Le premier article seul fut adopté, en même temps que le septième, qui mettait les biens des Académies sous la surveillance des autorités constituées. Le 15 août 1793, Lakanal faisait rendre un décret qui, reproduisant l’article 2 du projet du comité, autorisait les membres de la ci-devant Académie des sciences à se réunir pour s’occuper des travaux qui leur seraient renvoyés par la Convention. Lavoisier répondit, en témoignant une vive reconnaissance, que les membres de l’Académie n’avaient