Page:Audoux - De la ville au moulin.djvu/209

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XVI


Nous voici en juillet 1914. Je suis auprès de Firmin dans la jolie maison où sa femme est née, où elle a vécu heureuse auprès de son grand-père, et où le temps présent apporte au jeune ménage une somme considérable de bonheur.

Cette jolie maison, accotée à d’autres maisons, cache aux passants le jardin potager, un carré de vigne et un petit bois.

Firmin, qui m’a fait venir ici pour me reposer des fatigues de la buanderie, s’amuse de me voir occupée du matin au soir dans le potager, le petit bois et le carré de vigne. Il sait que cette activité en plein air est, pour moi, le vrai repos et quand la caserne le laisse libre il m’aide à porter les arrosoirs. Tandis que je soigne les légumes, Rose soigne les fleurs. Firmin, par amour pour sa femme a surtout planté des rosiers roses. Ces rosiers s’accrochent à la grille d’entrée, grimpent le long des fenêtres, s’enroulent en berceaux et montrent, tout autour de la maison, leurs touffes roses et parfumées. Quant aux autres fleurs, Firmin les a plantées sans souci de leur espèce ni de la place qui leur était réservée autrefois. Il en a mis dans