Page:Audoux - Douce Lumiere.djvu/115

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VII


Mère Clarisse ne devait rien connaître de ce qui s’était passé à l’étang. Églantine l’avait retrouvée dans le mauvais fauteuil, étouffant et se plaignant d’un violent mal de tête. La nuit avait été plus mauvaise encore. Et moins d’une semaine après, celle qui avait servi de mère à Églantine Lumière n’était plus de ce monde. La peine que la jeune fille en ressentit l’empêcha de s’enfoncer trop profondément dans l’autre peine. Mère Clarisse, en plus de l’affection dévouée qu’elle avait portée à l’orpheline, avait été l’amie sûre, celle qui conseille au lieu de gronder. Elle avait partagé ses rires d’enfant et ses soucis de jeune fille. Et voilà qu’elle était partie. Elle s’en était allée, sans souffrances vives, le corps devenu insensible et inerte, ses yeux seuls remuant et suivant tous les mouvements de celle qui continuait à lui être si douce. De temps en