Page:Audoux - Douce Lumiere.djvu/29

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— Tiens ! Vois ! C’est peut-être ton père et ta mère, le jour de leur mariage ?

Il remarqua encore deux lignes d’écriture à l’envers du cadre, mais il ne put les déchiffrer, il y avait trop de poussière dessus. Il regarda encore chaque bibelot et disparut à la recherche du grenier. Douce ne le suivit pas. Elle restait sans pensée devant la jolie créature vêtue de blanc qui lui souriait, appuyée au bras de son compagnon dont les prunelles, sombres et très larges, semblaient regarder une chose visible pour lui seulement.

Le bruit que faisait Noël, en furetant et remuant de la ferraille, la tira de sa contemplation. Elle remit la photographie à sa place, fit plusieurs fois le tour de la pièce, touchant à tout, même à une branche de buis séché, posée sur une petite table, auprès du lit. Puis la fenêtre l’attira. Elle souleva le rideau et fut tout étonnée de découvrir la sapinière si proche. On la voyait bien, la sapinière. On la voyait sur une grande étendue, et, tout là-bas, les arbres, par places, se mettaient en rang comme les petites filles à l’école. La voix joyeuse de Noël éclata soudain :

— Ah ! enfin on voit clair !

Seulement alors, Douce vit que la bruine