Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/105

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Séraphine, s’asseyant sur le canapé à droite.

Demandez, monsieur !


Bordognon, accoudé au dossier du canapé.

Je vous ai dit que je vous étonnerais par mon hypocrisie… Je vous demande votre amitié.


Séraphine.

Vous l’avez déjà.


Bordognon.

Mais il y a des grades dans l’amitié ; je voudrais passer tout de suite colonel.


Séraphine.

Permettez : l’avancement est à l’ancienneté.


Bordognon.

Qu’à cela ne tienne ; il y a longtemps que je vous aime.


Séraphine.

D’amitié ?… Vous étiez moins rassurant, ce me semble, hier au bal.


Bordognon.

Terrain neutre que celui-là, madame, où la galanterie est de politesse et circule avec les rafraîchissements.


Séraphine.

Vous vous rafraîchissiez beaucoup !


Bordognon.

Je plaisantais. Je suis sérieux ce matin !