Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/116

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d’acheter bon marché pour revendre cher… D’ailleurs, on n’est pas fille de duchesse, et l’outil est toujours bon qui nourrit son maître.


Pommeau.

Je vous demande la permission de passer dans mon cabinet, madame : je ne suis pas fils de duchesse non plus, et j’ai un travail…


Madame Charlot.

À votre aise, monsieur, ne vous gênez pas pour moi. (Deux heures sonnent.) Monsieur !


Pommeau, revenant sur ses pas.

Madame ?


Madame Charlot.

J’avais promis d’attendre jusqu’à deux heures, vous êtes témoin que j’ai attendu. Parlons français maintenant. Il s’agit d’un billet que votre femme m’a souscrit.


Pommeau.

Un billet ?


Madame Charlot.

De dix mille francs, monsieur…


Pommeau.

Dix mille francs ?


Madame Charlot.

C’est en règle et échu, comme vous allez voir. Voici d’abord le mémoire, on est bien aise de se renseigner sur les fournitures… Soyez assez aimable pour poser l’œil là-dessus, le temps que je déniche l’autre papier.