Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/135

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que vous savez la nouvelle. (Il descend en scène.) Soyez donc cinquante ans l’artisan de votre honneur ! J’ai marché toute la soirée, je suis brisé… (Bordognon lui avance une chaise, il s’assied.) Il doit être tard, hein ?


Thérèse.

Je ne sais pas !


Pommeau, à Thérèse.

Oui, mon enfant, Séraphine m’a déshonoré : elle avait un amant à qui elle se vendait… il existe de pareilles femmes et la mienne était de celles-là… Je n’y voyais rien, moi, confiant, et pour le croire il me faut encore faire un effort sur moi-même ! Mais il n’y a plus à douter. L’habit que j’ai sur le dos ne m’appartient peut-être pas. (Se levant.) Vous m’aiderez, n’est-ce pas, vous m’aiderez tous à découvrir le complice ? Que je le rembourse, que je lui crache au visage, à ce réprouvé, à ce trafiquant d’adultère, et après vous verrez si j’ai peur ! (Il tombe assis. — Après un silence.) Bonsoir, Léon, je ne vous avais pas vu ! (Thérèse s’approche, de manière à lui cacher Léon.) Oh ! ces corrupteurs de femmes… Dans une heure j’ai appris à la connaître mieux que je ne l’eusse fait en un siècle ! Natures ignobles que celles-là ! prostituées de l’orgueil, les dernières de toutes ! pour elles, c’est à la misère que commence l’opprobre !… Tu vas me faire préparer une chambre, n’est-ce pas, pour cette nuit ? Je te demande pardon. Mais où aller ? Je n’ai plus que toi, et je tombe d’épuisement.


Thérèse, avec effroi.

Ici !


Pommeau.

Au fait, comment se fait-il que vous ayez appris ?…