Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/139

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Léon baisse la tête. — Thérèse conduit Pommeau à un fauteuil et reste debout auprès de lui.) Je vous ai mortellement outragé ! un duel fût-il possible de vous à moi, je ne l’accepterais pas… Je me charge seul de la réparation que je vous dois ; elle vous suffira, je l’espère.


Bordognon.

Et ton fils ?


Léon.

Il lui restera sa mère.

Il fait un pas pour sortir.

Thérèse, se jetant devant la porte.

Tu ne sortiras pas ! Je ne veux pas que tu sortes…


Bordognon.

Monsieur… levez donc les yeux…

Il lui montre Thérèse qui pleure en silence, puis qui vient s’agenouiller près de lui.


Pommeau.

Je ne me souvenais pas que tu peux lui pardonner, toi ! Ton honneur n’est pas atteint… Ainsi va le monde. (Il la relève.) Dis donc à ton mari que le sang ne lave rien, et que sa mort ne ferait qu’ajouter un crime à un autre. D’ailleurs, toute expiation est complète où il y a une victime, et je sens là qu’il y en aura une.


Léon, très ému.

Monsieur !…


Pommeau, plus ferme.

Je ne vous parle pas. (À Thérèse.) Quant à cet argent…


Thérèse.

Je vous jure de le lui porter moi-même !