Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/138

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une chambre d’ami toujours prête, et nous épargnerons à madame un dérangement…


Pommeau.

Est-ce que je te dérange ?


Thérèse.

C’est que…


Pommeau.

Tu n’as pas un coin à me donner ? Ce fauteuil me suffira. Pour une seule nuit ! Tu baisses les yeux ?… (Bas, à Thérèse.) Est-ce Léon qui s’oppose ? (À Léon.) Ne me séparez pas d’elle, mon ami, mon fils… (Il ouvre les bras comme pour se jeter dans ceux de Léon ; Thérèse, par un mouvement instinctif l’arrête. Pommeau regarde autour de lui, passe sa main sur son visage, les yeux fixés sur Léon, puis :) Ah ! bandit, c’était toi !

Il s’élance le bras levé ; Bordognon et Thérèse se jettent entre lui et Léon.


Thérèse.

C’est mon mari !


Bordognon.

Épargnez-la. Elle est innocente, elle !


Pommeau, jetant les liasses de billets de banque aux pieds de Léon.

Ramasse ! ramassez, vous dis-je, ou…


Thérèse.

Mon père !


Pommeau.

Il spoliait ma fille, pour suborner ma femme !


Léon, avec un mouvement violent.

Monsieur ! (Thérèse se tourne vers lui en couvrant Pommeau ;