Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/27

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incroyables qu’on rencontre à Paris, pour peu qu’on ait la patience de chercher. — Cette quête, il est vrai, demande bien du temps, et tu as un enfant qui réclame tout le tien, tandis que Séraphine…


Thérèse.

Je vois qu’une moitié de sa vie se passe à composer son luxe, l’autre moitié à l’étaler ; qu’en reste-t-il, mon ami ?


Pommeau.

Je ne suis pas exigeant.


Thérèse.

Mais je puis l’être pour vous, moi qui vous aime, moi dont la fortune, dont le bonheur, dont toute la vie en somme est votre ouvrage !


Pommeau.

Thérèse !


Thérèse.

Ah ! tant pis ! Vous m’avez donné le droit de me regarder comme votre fille et de m’inquiéter à mon tour de votre bonheur !


Pommeau.

Mais il n’y a pas d’homme au monde plus heureux que moi, et je dois à Séraphine quelques années d’un contentement si parfait qu’il suffit au reste de mes jours. J’étais entré dans le notariat sans fortune, mais avec la perspective de tous les clercs de notaire, celle d’un riche mariage qui un jour me payerait une charge. De loin cette routine n’avait rien qui m’effrayât ; je ne me savais pas romanesque : je l’étais, il paraît, car lorsque j’en vins au faire et au prendre, le cœur me faillit ! D’ambition,