Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/39

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francs l’heure il s’égare par jour à Paris de petits peignes et de carnets d’agents de change, de mouchoirs brodés et de trousses de médecins, de bracelets et de portefeuilles d’avocats…


Thérèse.

Je commence à comprendre… Mais je demande grâce pour les avocats.


Bordognon.

Je parle des stagiaires, Madame… Tenez ! pas plus tard qu’hier… — Mais je ne sais si je dois continuer.


Séraphine.

Est-ce que nous écoutons !…


Bordognon.

Eh bien ! monsieur Pommeau, pas plus tard qu’hier, je fumais mon cigare aux Champs-Élysées… quand débouche au grand trot un des plus fringants coupés de Brion, un vrai boudoir sur roulettes… que je connais pour l’avoir habité. À la hauteur du café anglais, l’essieu crie et se rompt…


Séraphine, se levant

À la hauteur du…


Bordognon.

Ah ! vous écoutez ? alors j’abrége. Je ne vous peindrai pas la fuite des deux coupables…


Séraphine.

Vous les avez reconnus… suivis, veux-je dire ?


Bordognon.

Non, je suis arrivé trop tard sur le théâtre de l’évé-