Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/49

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Bordognon.

Si on te le demande, tu répondras que tu ne sais pas.


Léon.

Mais, je te répondrai à toi que je tiens à le savoir, vu qu’il me serait désagréable que tu portasses le trouble dans un ménage dont le repos importe au mien.


Bordognon.

J’en voudrais au front du révérend Pommeau, ce traînard de la vieille bourgeoisie, ce spécimen de la vertu campé dans notre siècle comme une image sur un tombeau ? Fi ! tu me connais mal !… Seulement, soit dit pour ta gouverne, si ton repos dépend des faits et gestes de dame Séraphinette, tu ne dois pas être tranquille.


Léon.

Frédéric, je t’en prie…


Bordognon.

Laisse-moi donc la paix avec tes airs pudiques !… Si je devenais son amant, je ne jurerais pas que je fusse le second, mais je te jure bien que je ne serais pas le premier.


Léon.

D’où le sais-tu ? de pareilles imputations ne s’avancent pas sans preuves…


Bordognon.

Les preuves ? elles sautent aux yeux. Son luxe est un aveu, sa garde-robe un dossier, et je ne voudrais qu’une seule de ses toilettes pour la faire pendre, si l’on pendait pour ça ! Bref, Séraphine, puisque Séraphine il y a,