Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/66

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Pommeau.

Le sien ?


Thérèse.

Si je n’en étais sûre… (Montrant la note.) je n’en voudrais pas d’autre preuve.


Pommeau.

Tu perds la tête ! Léon est à ses affaires et non à ces sottises. D’ailleurs, il n’y a pas qu’un portefeuille au monde.


Thérèse.

Et cette note, encore une fois, cette note ? Je m’explique à présent qu’il soit gêné ! Puis, à quoi bon tenter de me donner le change ? Il était en train de bousculer tout, grondant, m’accusant, n’écoutant rien, quand soudain il s’arrête, change de ton, se calme, et disparaît plus vite cent fois que s’il l’eût trouvé… Il sait bien où il l’a laissé, allez ! il n’y a que mon bonheur de perdu ! Oh ! ce n’est pas d’aujourd’hui que je le soupçonnais !


Pommeau.

Mais à quoi le soupçonnais-tu ?


Thérèse.

Est-ce qu’on sait ! à tout !… Ah ! je suis bien aise de le savoir ! Imbécile, qui me privais pour défrayer les exigences d’une coquine ! Dupe, qu’on décorait du beau nom de victime ! Va, brûle tes nuits à combiner des expédients d’avare, file comme une mercenaire le manteau de ton fils, pour que son joyeux père en fasse un couvre-pied au lit de sa maîtresse !


Pommeau.

Ma fille, point de ces colères que tu regretterais plus tard ; réfléchis.