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LE NOUVEL ART D’AIMER
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les engager. Elles jugeaient, votaient, dans les assemblées dirigeantes, négociaient la paix et en déterminaient les conditions.

« Par exemple le traité d’Annibal avec les Gaulois était particulièrement épineux à établir, le règlement fut confié aux matrones gauloises ; c’est un fait historique. »

Chez nous la mère jugulée par le mariage n’a pas encore la totalité de ses droits civils ni la puissance maternelle pour équilibrer la puissance paternelle quand, sous l’empire d’un vice, l’homme abuse.

Le mariage fait de la femme la mineure éternelle. Si le mari veut vendre, pour boire un coup de plus, les meubles du ménage, si l’ivrogne met, sans consulter la mère, son nourrisson à l’Assistance publique, ou à la maison de correction leur gamin qui a volé une orange, la mère n’a pas un mot à dire pour sauver son enfant. Si le mari lui prend son salaire gagné durement pour nourrir ses petits, aucune loi ne la défend. C’est le règne du bon plaisir de l’homme. Si le chef est généreux tout va bien. S’il a un vice la mère ne peut rien pour sauver la famille, faute de la puissance maternelle.

Que l’amour des nobles hommes nous sauve de cette loi d’iniquité.

Pourtant les défenseurs des Françaises les sénateurs Louis Martin, Larère, Andrieux, etc., ont fait aboutir certaines réformes, et la loi du 18 février 1938 a consacré ces principes :

1. — Suppression pour la femme du devoir d’obéissance. (Le mari n’a plus de contrôle sur lettres et relations.)

2. — Suppression de l’incapacité civile de l’épouse.