Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/132

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


être ne me reconnaîtra-t-il pas, disait-elle en jetant un triste regard sur la glace ; peut-être a-t-il oublié l’existence de la pauvre Alice, » ajoutait-elle et détournant ses yeux qui se remplissaient de larmes. Pour elle, elle retrouvait dans son cœur, dans sa pensée jusqu’au moindre mot qu’il lui avait adressé, et tous étaient si tendres, l’assuraient si fortement d’un amour et d’une constance éternels ! Est-il possible que tout soit effacé d’un côté quand rien n’est oublié de l’autre ? Encore cette semaine et la moitié de la suivante, répétait-elle à chaque instant avec une émotion nouvelle ; » mais elle desirait ardemment de revoir le capitaine beaucoup plus tôt.

Il rendit un matin la politesse qu’il avait reçue de M. Musgrove, et fit une visite à la grande maison : par hasard, Alice et Maria avaient projeté d’y aller aussi ; elles allaient partir, et l’auraient trouvé dans le salon, lorsqu’elles furent retenues par un accident fâcheux arrivé au petit Charles, le fils aîné de Maria ; il était tombé d’un arbre où il avait grimpé, et fut rapporté à la maison dans un état très-alarmant ; l’os de l’épaule était entièrement disloqué, et l’épine du dos avait tellement souffert, que ses parens éprouvèrent