Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/140

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


mis de suite à pleurer. Je n’ai pas des nerfs à l’épreuve des larmes et des plaintes… je ne puis les supporter.

— Mais supporteriez-vous mieux, dit Alice, de passer la soirée entière loin de lui ?

— Oui, très-bien ; vous voyez que son père n’y songe pas ! Jenima est si soigneuse ! elle nous donnerait d’heure en heure de ses nouvelles. Je trouve que puisque Charles a cru pouvoir sortir, il devait penser la même chose pour vous et pour moi ; pourquoi serais-je plus alarmée qu’il ne l’est ? j’ai tout autant d’envie que lui de voir le capitaine Wentworth, dont on nous dit tant de merveilles, et vous devez le désirer aussi. Je ne vous cache pas que j’avais envie d’assister à ce dîner, et qu’il est cruel d’en être exclue. — Eh bien, s’il en est ainsi, dit Alice, allez-y avec votre mari, je me charge de votre fils, et vous pouvez compter sur mes soins ; M. et M.e Musgrove seront tranquilles, quand ils me sauront près de lui.

— Parlez vous sérieusement ? s’écria Maria avec une expression de joie ; vous avez là, ma chère Alice, une très-bonne idée, très-bonne en vérité. Sûrement, je puis aller chez mon beau-père, car je ne suis ici d’aucune utilité ;