Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/178

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serai très-content de mes deux beaux-frères. » En achevant ce discours il sortit.

« Charles dira ce qui lui plaira, s’écria Maria, il serait très-désagréable pour moi que ma belle-sœur fît un tel mariage : tâchez, Alice, vous qu’elle considère, de lui faire oublier George, et de lui parler du capitaine, qui certainement a trop de goût pour ne pas préférer Henriette à Louisa ; mais Charles est si obstiné ! Je ne sais ce que j’aurais donné pour que vous fussiez hier du dîner ; vous auriez pu décider lequel de nous deux a raison ; et je suis bien sûre que mon avis eût été le vôtre, à moins que, comme cela vous arrive quelquefois, vous ne fussiez décidée d’avance à me donner tort. Vous ne me nierez pas cependant que le capitaine Wentworth ne soit un excellent parti pour Henriette, un parti que vous, et moi-même si j’avais le bonheur d’être libre, nous n’aurions garde de refuser, quoique filles de baronnet ? Ah ! pauvre Alice, pauvre Alice ! ce dîner, auquel elle avait refusé d’assister, avait eu lieu chez M. Musgrove : un mal de tête et quelque douleur à l’épaule du petit Charles, lui avaient servi de prétexte ; elle n’avait pensé qu’à éviter Wentworth, mais