Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/198

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les entendit distinctement ; ils s’assirent à peu de distance d’elle, en lui tournant le dos. Louisa continua ainsi la conversation :

« Et je l’ai enfin engagée à y aller, en dépit des observations ridicules de Maria. Dois-je être détournée de conseiller une chose juste par les airs et l’opinion d’une telle personne ? Non, non ; quand j’ai quelque chose dans l’esprit ou dans le cœur, rien ne peut me faire changer. Henriette était décidée à se rendre à Winthrop ce matin ; c’était le but de la promenade que nous voulions faire seules ; Maria a pris fantaisie de nous suivre, et j’ai vu le moment où ma sœur aurait eu la faiblesse de céder à son caprice, et de fuir cette maison où l’appelait une affaire vraiment sérieuse.

— En effet, dit Wentworth, je crois que sans vous elle n’y serait pas allée.

— Sûrement, et j’en suis honteuse pour elle.

— Heureusement pour votre sœur, vous avez eu assez de fermeté, et je vous en félicite. Après ce que vous m’avez fait entendre et ce que mes propres observations ont confirmé, je n’affecterai point d’ignorer ce qu’il m’a été si facile de voir. Le malheur ou le bonheur de sa vie entière et de celui qui l’in-