Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/42

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l’urgente nécessité d’un sacrifice pour satisfaire les nombreux créanciers de sir Walter ; mais en même temps elle souffrait pour lui de cette nécessité, et desirait de lui sauver, autant que possible, tout sentiment pénible. Le crédit et la réputation de la famille Elliot tenait aussi une grande place dans son estime ; elle avait à cet égard une véritable aristocratie, et ne pouvait supporter l’idée de ce qui pouvait les abaisser. Elle était bienveillante, charitable, capable de s’attacher fortement à ses amis, régulière dans sa conduite, stricte pour tout ce qui tenait au décorum ; toutes ses manières annonçaient ce qu’on appelle une femme comme il faut, et une belle et bonne, éducation ; elle avait le meilleur ton, un esprit assez cultivé, de la prudence, de la fermeté, mais une telle considération pour le rang et la naissance, qu’elle l’aveuglait un peu trop sur les défauts de ceux qui possédaient ces avantages ; et sir Walter, baronnet, son voisin, son ami, ayant été le mari de son intime amie, étant le père de sa chère Alice, de la belle Elisabeth et de madame Charles Musgrove, tenant une bonne maison, ayant le premier rang dans cette partie du comté, lui paraissait, à tous ces titres, un être très-res-