Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/81

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officiers, et celle qui s’empara de tout son être quand elle apprit que sa sœur mistriss Croft (qu’il chérissait, et dont il lui avait souvent parlé, ainsi que de l’amiral) venait habiter Kellinch-Hall, lui dirent bien clairement qu’elle sentait à vingt-sept ans comme à dix-neuf ; mais elle ne pensait plus tout-à-fait de même. À dix-neuf ans, elle avait été entraînée à n’écouter que les conseils de la raison et de la prudence ; à vingt-sept, elle était décidée, si Wentworth reprenait ses chaînes et renouvelait ses offres, à n’écouter que son cœur, et ce cœur était plein des plus douces espérances : le hasard semblait vouloir la rapprocher de sa famille ; les papiers lui avaient appris son avancement ; aucun n’avait dit qu’il fût marié ; tout ce qu’il avait espéré, et que lady Russel regardait comme les rêves d’une imagination égarée, était arrivé ; tout, excepté son mariage avec Alice, lui avait réussi, et peut-être cet hymen aurait-il lieu. Son ardeur, son génie semblaient devoir assurer le succès à toutes ses entreprises ; plusieurs riches captures devaient avoir augmenté sa fortune ; et à présent que son beau-frère habiterait Kellinch-Hall, sir Walter ne mépriserait plus son alliance. On voit que la tête d’Alice, ainsi que son cœur,