Page:Austen - Le Parc de Mansfield tome3et4.djvu/202

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Elle devait essayer de s’armer contre cette lettre. Une lettre d’Edmond pouvait-elle donc être pour elle un objet d’effroi ? Elle sentait qu’elle n’avait pas encore éprouvé toutes les vicissitudes de l’esprit humain.

Pauvre Fanny ! quoiqu’elle allât volontiers et avec empressement à Portsmouth, la veille de son départ la remplit de tristesse. Elle embrassa étroitement sa tante Bertram, parce qu’elle savait que celle-ci serait privée d’elle ; elle baisa la main de son oncle en comprimant des sanglots, parce qu’elle savait lui avoir déplu ; et quant à Edmond, elle ne put lui parler ni le regarder, quand le moment de lui dire adieu fut venu. Ce ne fut qu’après que ce moment fut passé, qu’elle se rappela qu’il lui