Page:Austen - Orgueil et Prevention 1.djvu/68

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
64
ORGUEIL

cette maison qu’elle pût voir avec quelque plaisir. Son inquiétude sur la santé d’Hélen était très-visible, et ses attentions pour Élisabeth assez gracieuses pour l’empêcher de se croire aussi importune qu’elle pensait l’être aux autres individus de la famille.

Elle ne recevait de politesses que de lui. Mlle Bingley était entièrement occupée de M. Darcy, sa sœur à peu près autant ; et quant à M. Hurst, près duquel Élisabeth était assise, c’était un homme indolent, qui ne vivait que pour manger, boire et jouer, et qui, lorsqu’il se fut aperçu qu’elle préférait un mets simple à un ragoût, n’eut plus rien à lui dire.

Le dîner fini, elle rentra dans l’appartement d’Hélen, et sitôt qu’elle fut dehors miss Bingley commença à la critiquer… Il fut décidé que ses manières étaient affreuses, un mélange d’orgueil et d’étourderie indiscrète ; elle n’avait ni conversation, ni goût, ni beauté : Mme Hurst pensait de même, et ajouta :

« En un mot, elle n’a rien qui puisse