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APP — APP

tion d’un Architecte. Il doit être commode, ſalubre & loin du bruit. A l’égard des piéces dont on forme cet Appartement, elles ſont à peu près les mêmes que celles d’un moyen Appartement, à moins qu’il ne ſoit deſtiné pour la Dame de la maiſon, auquel cas on augmente le nombre des garde-robes, & on pratique quelques cabinets de toilette.

Appartement d’été & Appartement d’hiver. Le premier eſt expoſé au nord, & le ſecond au midi.

Appartement de parade. Appartement qui comprend les grandes piéces du bel étage de la maiſon. Cet Appartement eſt ordinairement ſpacieux, expoſé au levant, & a la vûe ſur le jardin, s’il y en a un. L’enfilade de ſes piéces règne ou doit régner d’une extrêmité du bâtiment à l’autre ; de ſorte que l’Appartement de la droite & celui de la gauche s’alignent par l’axe de leurs portes & croiſées, & s’uniſſent ſymmétriquement avec la piéce du milieu ; ce qui ne compoſant alors qu’un tout ſans interruption avec le reſte de l’édifice, en annonce, au ſimple coup d’œil, la grandeur intérieure.

Appartement de plain-pied. C’eſt un Appartement dont le plancher des piéces qui le compoſent eſt de niveau, ſans reſſauts, ni ſeuils au deſſus du carreau ou parquet.

Appartement de ſociété. Appartement deſtiné à recevoir les amis de la maiſon, qui viennent ordinairement l’après-midi faire compagnie au Maître ou a la Maîtreſſe. Cet Appartement ſe réunit avec le grand ſallon du milieu de l’Appartement de parade, afin que dans des aſſemblées extraordinaires ils puiſſent ſeconder celui-ci, & étaler avec plus d’éclat la magnificence de l’édifice.

Appartement des bains. C’eſt une ſuite de piéces ordinairement au rez-de-chauſſée, qui comprend les ſalles, chambres, garde-robes, ſalles de bains & étuves, le tout décoré de marbre, de ſtuc, &c. & enrichi de peintures avec des compartimens de pavés fort riches, comme au Château de Verſailles & au Louvre à Paris, dans les lieux appellés les Bains de la Reine. Cet Appartement doit être toujours expoſé au nord. (V. encore Bains.)

APPENTIS, ſ. m. Mot tiré du latin Apendix, dépendance. C’eſt un demi-comble en maniere d’auvent, qui n’a qu’un égoût, comme on en voit qui ſervent de remiſe dans les baſſe-cours.

APPLANIR. Voyez Régaler.

APLOMB, ſ. m. Terme d’Ouvrier, qui ſignifie perpendiculaire ou vertical. En ſur-plomb, C’eſt n’être pas à plomb, & deverſer en dehors ou en dedans. Plomber, C’eſt vérifier ce qui eſt à plomb ; & Contre-plomber, c’eſt par une opération contraire s’aſſurer de ce qu’on a plombé.

APOPHYSE, Voyez Congé.

APOTHICAIRERIE, ſ. f. Mot dérivé du grec Apotheca, Boutique. C’eſt par rapport à l’Architecture, une ſalle dans une maiſon de Communauté ou dans un Hôpital, où l’on tient en ordre & avec décoration les médicamens. Celle de Lorette en Italie, ornée de vaſes du deſſein de Raphaël, eſt une des plus belles. Celle de Dreſde eſt auſſi très-fameuſe. On dit qu’il y a quatorze mille boîtes d’argent toutes pleines de drogues & de remèdes fort eſtimés.

APSIS ou Absis, ſ. m. Nom de la partie intérieure des anciennes Egliſes, où le Clergé étoit aſſis, & où l’Autel étoit placé : c’étoit le chœur de l’Egliſe. Il étoit bâti en figure hémiſphérique, & conſiſtoit en deux parties, l’Autel & le Preſbytere ou le Sanctuaire. Le Sanctuaire contenoit les ſtalles ou places du Clergé, au milieu duquel s’élevoit le ſiége de l’Evêque, ou dans la partie la plus éloignée de l’Autel, placé vers l’autre extrémité de la Nef. Il en étoit ſéparé par une grille ou baluſtrade à jour, & porté ſur une eſtrade. Au deſſus de l’Autel étoit le ciboire ou la coupe ſous une eſpéce de pavillon ou de dais. (Voyez les Mem. de Trévoux, Juillet, 1710. & les Mœurs des Chrétiens de M. Fleury. Tit. XXXV.).

APPUI, ſ. m. Ce terme a deux ſignifications dans l’art de bâtir. Il ſignifie d’abord le petit mur qui eſt élevé entre les deux piédroits d’une croiſée, & à une hauteur convenable pour s’y appuyer. Il eſt ordinairement recouvert d’une tablette de pierre dure, & il ſe nomme auſſi Accoudoir. On entend auſſi par le mot Appui,