Page:Aymar de Saint-Saud - Armorial des prélats français du XIXe siècle (1906).djvu/53

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ARMORIAL DES PRÉLATS

et de gueules d’après l'Armoriai des Papes, par Villestreux ; pour Léon XII, une aigle d’or couronnée selon le premier, une aigle d’argent sans couronne d’après le second ; pour Pie VII, tantôt un coupé et des coquilles, tantôt un tranché et des têtes de mores ; pour Pie IX, il y a parfois un globe sous la patte du lion, etc.

Tout étrange que cela puisse paraître, ce que nous disons est absolument certain. Si on n’est pas d’accord pour les armoiries des papes du siècle dernier, si on trouve à leur sujet des variantes si sensibles, comment être surpris ensuite d’en relever dans celles des évêques ?

Les armoiries des papes sont : celles avec pax, Pie VII (Chiaramonti). 1800-1823 ; le premier parti est de l’Ordre des Bénédictins ; — l’aigle, celles de Léon XII (Della Ganga), 1823-1829 ; — le lion tenant un château, Pie VIII (Castiglioni), 1829-1830 ; — le calice, Grégoire XVI (Capellari), 1831-1846 ; le premier parti est de l’Ordre des Camaldules ; — les deux lions, Pie IX (Mastaï-Feretti), 1846-1878 ; — la comète (Lumen de cœlo), Léon XIII (Pecci), 1878-1903.

III. EXPLICATIONS HÉRALDIQUES

Nous croyons devoir donner quelques notes, mais extrêmement courtes, sur les principes de l’art héraldique, spécialement pour permettre à ceux qui, n’en ayant aucune idée, désireraient, d’après les descriptions de notre Armorial, connaître les couleurs (en blason: émaux) et les métaux d’un des écussons reproduits, ou essayer de dessiner ceux qui ne sont que blasonnés. Nous y ajoutons les caractéristiques des armes impériales.

Le blanc dans la figuration d’un écusson indique le métal argent, ou bien un métal ou un émail inconnu (en blasonnant on dit en ce cas : de...) ; le pointillé indique l'or, les hachures horizontales, l'azur (bleu) ; les perpendiculaires, le gueules (rouge) ; les diagonales de gauche à droite, le sinople (vert) ; les diagonales de droite à gauche, le pourpre (rouge violacé foncé) ; les hachures ou traits verticaux et horizontaux croisés, formant treillis, le sable (noir). Le vair est une fourrure employée dans les armoiries, représentée par une figure ayant la forme d’une clochette d’argent sur fond d’azur. Il en est de même de l’hermine, fourrure blanche (des héraldistes peignent argent) chargée de mouchetures noires, et que bien des prélats bretons prennent dans leurs armes, en souvenir de leur petite patrie dont l’écu est : d’hermine plain.

L’expression au naturel s’explique d’elle-même. On doit éviter, dans les blasons à composer, d’employer des figures de cette sorte ; cela est cependant permis pour la représentation de la figure humaine, et quelquefois pour des animaux ou des plantes. Nous insistons de nouveau sur ce qu’il n’est pas très respectueux de représenter le divin Sauveur, sa sainte Mère ou des saints dans un écusson. On y tolère des anges.

Il ne faut pas mettre émail sur émail, métal sur métal, à l’exception de quelque accessoire de l’attribut de L’emblème principal, sinon ce sont des armes à enquerre, c’est-à-dire qu’il faut s’enquérir du motif qui a déterminé