Page:Béland-Mathieu - Mes quatres années de captivité en Belgique, La Canadienne, Janvier 1920.djvu/22

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Le Boche veille



PENDANT que je lisais, un soldat se promenait dans le couloir de la voiture. Il s’était, évidemment, aperçu que je lisais quelque chose parceque, quelques minutes après, il revint à mon compartiment dont il ferma soigneusement la fenêtre et la porte. Convaincue que ma lettre était la cause de toutes ces précautions, je la déchirai en tout petits morceaux que je jetai, par une fente, dans l’espace qui se trouve au-dessus de la fenêtre. Mais je gardai l’enveloppe.

À Esschem, l’inspecteur trouva l’enveloppe, avec son inscription, dans ma sacoche, et me demanda : « Où est la lettre que contenait cette enveloppe ? » J’étais très embarrassée, et ne sachant trop quoi dire, j’hésitai quelque peu dans mes réponses. « Qu’en avez-vous fait ? » reprit l’inspecteur. Je racontai ce qui était arrivé.

L’officier devint alors arrogant et soupçonneux et me dit : « Mademoiselle, nous allons vous conduire en prison et vous ne continuerez pas votre voyage aujourd’hui. »

(Suite sur page 37)