Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/117

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expresse et pressante il fut versé au Sanatorium. Car c’était là qu’il voulait arriver : de cet endroit il était relativement facile de s’évader.

La lettre que je viens de recevoir est souverainement amusante. Williamson m’écrit qu’il s’est évadé au commencement d’août et que le 14, après bien des péripéties, il réussissait à franchir la frontière de Hollande. Il ajoute en post-scriptum : « Je serais curieux de savoir si Herr Block (l’officier) est toujours sous l’impression que j’ai perdu la raison ! »

Une nuit, nous fûmes tirés de notre sommeil par une série de détonations qui semblaient venir du dehors. Nous nous demandions ce que cela pouvait bien être ? Comme la prison était située au centre de Berlin, il nous sembla d’abord que ce pouvait être une émeute, ou bien encore des ouvriers en grève aux prises avec les gendarmes. Nous ne fûmes pas longtemps avant de savoir ce qui en était : on vint me prier d’aller constater la mort d’un soldat que l’on amenait du front de bataille allemand pour l’enfermer à la Stadvogtei en attendant sa comparution en Cour martiale.

D’après le rapport fait par ses deux gardes, ce soldat réfractaire, qui s’était montré assez docile au cours du trajet depuis les Flandres jusqu’à Berlin, avait attendu d’être en face de la porte de la prison pour prendre la fuite à toutes jambes. Les gardes lui donnèrent aussitôt la chasse. Après avoir tourné le premier coin et pris une ruelle sombre longeant le mur de la prison, haut de 75 pieds, il était sur le