Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/152

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planchette faisait saillie d’environ un pied en avant du toit. La manœuvre entière était d’un chic incroyable, et ce ne fut pas long avant que, appuyé d’une main sur la planchette, il pût, de l’autre, atteindre et saisir une gouttière qui se trouvait sur le toit à une faible distance du bord. En un instant, et par un magnifique élan, il allait rouler dans l’obscurité supérieure.

Mais celui qui est sur le toit n’est pas sorti du bois, surtout lorsqu’il s’agit d’un édifice dont les murs ont soixante-quinze pieds de hauteur. Notre Français s’était muni d’une corde d’une soixantaine de pieds de longueur faite de draps de lit et d’autres ficelles tirées de droite et de gauche. Il attacha solidement l’une des extrémités de cette corde au paratonnerre, et se laissa glisser tout du long du mur, puis tomber le plus doucement possible quand il fut au bout.

On ne l’a jamais revu : on n’en n’a jamais entendu parler. S’il eut été repris quelque part, on n’aurait pas manqué de le ramener à la prison. Nous avons tous été d’accord, y compris l’officier commandant, que cette évasion demeure une des plus renversantes qui soient.