Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/198

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Chapitre XXIX


d’autres réminiscences


Durant les années 1916, 1917 et la première partie de l’année 1918, l’Allemagne possédait un dieu et une idole : le dieu, c’était l’empereur Guillaume, et l’idole, Hindenburg.

On se rappelle que Hindenburg était un général en retraite qui menait une vie paisible à Hanover, lorsque l’empereur le tira de sa vie relativement obscure pour lui donner le commandement des forces allemandes en Prusse orientale. Les Russes occupaient à cette époque une partie des provinces prussiennes de la Baltique. L’empereur, en examinant les thèses faites par les différents généraux allemands, avait découvert que Hindenburg, un quart de siècle auparavant, avait traité, dans la sienne, de l’invasion de la Prusse orientale. Il fit donc mander Hindenburg et lui imposa la tâche de libérer le territoire oriental de l’Allemagne de l’occupation russe.

On sait que Hindenburg s’acquitta de cette tâche victorieusement et qu’il acquit, surtout à la suite de la fameuse bataille de Tannenberg, une renommée