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EN PRISON À BERLIN

Je n’eus plus de doute, j’avais affaire à un espion.

Ce jour-là, le 30 juin, tous les voyageurs munis d’une autorisation filaient dans un train vers Koek Van Holland où nous arrivions à sept heures du soir. Cinq bateaux passagers nous attendaient au quai. Nous nous embarquons. À quand le départ ? sera-ce dans la soirée ou dans la nuit ? Tout le monde l’ignore, même — à ce qu’on affirmait — les officiers du bord.

La nuit du samedi au dimanche, la journée du dimanche, la nuit suivante s’écoulèrent sans que nous bougions. Un message radiographique seul pouvait nous détacher de Hollande. Apparemment le message vint, car à onze heures, lundi, nous sortions de la Meuse sans tambours ni trompettes. Le convoi de cinq vaisseaux, portant des milliers de passagers de tous âges et de toutes conditions, fit le quart au nord et s’avança lentement en longeant de très près la côte de Hollande jusqu’à Sheveningen. À ce point, le quart à gauche, donc à l’ouest, nos vaisseaux mettent le cap sur la côte anglaise. Nous étions à peine sortis des eaux côtières de Hollande lorsque soudainement un nuage de fumée se dessina à l’horizon en avant de nous.

Qu’est-ce ? Nous l’ignorions. N’était-ce pas une escadre allemande ?

Le doute fut vite dissipé. Ce point noir, d’abord imperceptible, qui grossissait en s’avançant sur nous, c’était le convoi parti d’Angleterre le matin qui rentrait dans les eaux Hollandaises.