Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/24

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Chapitre IV


à l’hôpital


Il est absolument inutile d’insister sur le patriotisme dont fit preuve la nation belge. Le même esprit d’héroisme et de sacrifice régnait dans toutes les classes de la société, et tous sans distinction d’âge de sexe ou de condition s’offraient pour venir en aide à la cause nationale menacée par le monstre germanique.

De tous côtés, dans les premiers jours d’août 1914, on m’abordait en me posant la question suivante :

— « Monsieur Béland, que pensez-vous de la situation ?… Que va faire l’Angleterre ? »

Je n’hésitais pas à répondre que si l’Allemagne mettait à exécution son plan de violer la neutralité belge, l’Angleterre lui déclarerait la guerre.

Je me rappelle une démonstration qui eut lieu sur la digue à Middelkerke, le jour où fut publié l’ultimatum de l’Allemagne. Au large, dans la mer du Nord, une escadre anglaise croisait. D’énormes nuages de fumée étaient perceptibles même à l’œil nu, et les lunettes des promeneurs, braquées sur