Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/262

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


d’Anvers, ont vu leur carrière militaire brisée et rongent leur frein ; ces gardiens du droit ou de nos franchises communales, que leur vaillance a réduits à l’inaction ?

Il y a du courage dans l’élan ; il n’y en a pas moins à le contenir. Il y a même plus de vertu, parfois, à pâtir qu’à agir.

Et ces deux années de soumission du peuple belge à l’inévitable ? cette ténacité profonde qui faisait dire à une humble femme, devant laquelle on discutait la possibilité d’une prochaine conclusion de la paix : Oh ! pour nous, il ne faut rien presser ; nous attendrons encore ! Comme tout cela est beau et plein d’enseignements pour les générations à venir !

Voilà ce qu’il faut voir, mes Frères : la magnanimité de la nation dans le sacrifice, notre universelle et persévérante confraternité dans les angoisses, dans les deuils, et dans la même invincible espérance ; voilà ce qu’il faut regarder, pour estimer à sa valeur la patrie belge.

. . . . . . . .

La date prochaine du premier centenaire de notre indépendance doit nous trouver plus forts, plus intrépides, plus unis que jamais. Préparons-nous y dans le travail, dans la patience, dans la fraternité.

Lorsque, en 1930, nous remémorerons les années sombres de 1914-1916, elles nous apparaîtront les plus lumineuses, les plus majestueuses, et, à la condition (lue nous sachions dès aujourd’hui le vouloir, les plus heureuses et les plus fécondes de notre histoire nationale.

Per Crucem ad lucem ; du sacrifice jaillit la lumière !