Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/266

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
264
MILLE ET UN JOURS

à user d’un droit et à remplir un devoir dans l’intérêt même du peuple belge. Boche jusqu’au bout, le gouverneur du Kaiser, après avoir ergoté sur la portée des engagements pris jadis, allait même jusqu’à oser écrire qu’il avait lui-même à cœur plus que personne le haut idéal des vertus familiales compromises par la paresse !

À toutes ces tartuferies, le cardinal Mercier a répondu par une lettre où il défend les ouvriers belges contre les calomnies du gouverneur allemand et où il démontre que le plaidoyer de celui-ci n’est fait que de contre-vérités et de misérables arguties.

En voici des extraits :


Malines, le 10 novembre 1916.

Monsieur le Gouverneur Général,

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Ma lettre du 19 octobre rappelait à Votre Excellence l’engagement pris par le baron von Huene, gouverneur militaire d’Anvers, et ratifié, quelques jours plus tard, par le baron von der Goltz, votre prédécesseur au gouvernement général de Bruxelles. L’engagement était explicite, absolu, sans limite de durée : « Les jeunes gens n’ont point à craindre d’être emmenés en Allemagne, soit pour y être enrôlés dans l’armée, soit pour être employés à des travaux forcés. »