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EN PRISON À BERLIN

marins. Il me semble qu’ils ont joué un rôle très important tant dans la défense d’Anvers que lors des dernières heures de la résistance.

Certes, ces brigades anglaises n’ont pas empêché la chute de la ville, mais par leur résistance héroïque, acculées qu’elles furent sous les murs d’Anvers, elles remplirent le rôle de troupes de couverture, et favorisèrent la retraite de l’armée belge, à travers la ville d’abord, puis, de l’autre côté de l’Escaut, dans le pays de Waes, vers Saint-Nicolas, Gand et Ostende. Elles se retirèrent les dernières, dans la nuit du 8 au 9 octobre. Peu de ces marins tombèrent aux mains des Allemands, quelques-uns passèrent en Hollande, où ils furent internés, mais la plupart purent suivre l’armée belge dans sa retraite.

La ville proprement dite subit un bombardement d’environ trente heures : commencé dans la soirée du mercredi, 7 octobre, il prenait fin le vendredi matin, 9 octobre, vers sept heures ; bombardement violent au cours duquel environ 25,000 obus de tous calibres s’abattirent sur la grande ville secouée jusque dans ses fondements.

Le jeudi, veille de la prise d’Anvers, il ne restait plus, à l’hôpital, sauf mes collègues et quelques bonnes religieuses, qu’un très petit nombre de blessés. Nous avions fait transporter tous les autres à Ostende. J’étais sur le point de quitter l’hôpital lorsque, soudain, un projectile, visiteur peu attendu, entra et fit explosion au milieu même des chambres de stérilisation et d’opération. Une parcelle de l’obus me fit